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Contre le prélèvement de Gyne dans la nature.

 
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Phylogénus
Oeuf

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MessagePosté le: Mar 24 Juil - 19:20 (2018)    Sujet du message: Contre le prélèvement de Gyne dans la nature. Répondre en citant

(Je laisse le soin au modérateur de déplacer mon topique s'il y a lieu.)


Mon expérience de vie.
Je n'emploierais pas le terme « élevage », car élever s'est amené au stade le plus haut, ce qui pour des fourmis doit être la profusion de l'espèce par l'essaimage. Nous, nous nous contentons de les « maintenir » en captivité.


Dans un premier temps, à une époque où l'internet n'existait pas encore, je n'ai eu nulle part où me renseigner, ayant vu dans une série télévisée un jeune garçon posséder une ferme à fourmis, je me suis laissé aller à chercher une Reine directement dans un nid. Il y en avait plusieurs dans mon jardin, je n'ai pas réfléchi au geste que je m'apprêtais à faire, j'ai commencé à creuser en faisant attention de ne pas esquinter maladroitement la Reine de ce royaume. Je n'ai rien trouvé et un goût amer m’a resté dans la bouche, j'avais détruit leur maison ; ne pouvant pas laisser un trou béant dans le jardin, il me fallait tout remettre en place. Je me rassurais quand même en me disant que si je n'avais pas trouvé la Reine tout pouvait repartir, mais je restais déçus de moi-même et de mon geste inconsidéré, une petite voix se fit entendre et me dit de ne jamais plus recommencer.


Bien des années plus tard, internet étant né, j'ai eu l'occasion de me renseigner et d'apprendre à faire un nid artificiel et comment capturer une Reine prête à s'enterrer pour fonder une colonie, sans pour cela détruire quoique ce soi. J'étais ravi, la grande aventure pouvait commencer.
J'avais bonne conscience je voulais faire des macrophotographies, de la détermination d'espèce, en faire aussi avec d'autres insectes, partager mon expérience et pourquoi pas aider les autres avec leurs colonies.


Ne trouvant que ce que je croyais être toujours la même espèce, ne pouvant pas déterminer la Reine avec exactitude et connaître son nom pour en faire un maintien correct, comme il est décrit sur un tel forum, j'ai, à ma grande honte, utilisé le commerce en ligne pour me procurer une espèce que je connaissais sans la connaître, mais dont j'avais un souvenir d'enfance lord de mes séjours dans le Var(83), des « Messor sp. ». Je m'étais dit que l'on vendait bien toutes sortes d'animaux dans des boutiques, pourquoi pas aussi des fourmis. J'ai maintenu ces fourmis dans un nid vertical dans lequel j'ai eu le contentement de les voir creuser leurs sales pour y entreposer couvain et nourritures, je prenais grand plaisir à ma nouvelle occupation et n'y voyais aucun mal.


Par la suite, ayant trouvé un forum qui traitait du sujet, j'ai lu le tord que faisait à la nature le commerce de ses créatures. J'ai aussi pu y déterminer quelle espèce pouvait approximativement être les Reines que je rencontrais et avoir une idée de la façon de les maintenir. J'en ai prélevé trois dans l'espoir qu'au moins une pondent quelques œufs et fonde sa colonie, mais toutes ne l'ont pas fait. J'ai bénéficié de généreux dons de certains membres du forum, les fondations sont arrivées intactes, mais peu sont resté viable assez longtemps pour s'adapter à leurs nouvel environnement. J'en ai accusé ma maladresse et mon manque de pratique dans des nids en BC. Toutes les fondations périrent, il ne m'en est resté qu'une, la colonie de Messor qui me donnait tant de satisfaction. Je n'ai pas essayé de capturer de nouvelles génitrices, car il en mourrait trop pour en garder qu'une.


Trois ans plus tard, une raison qui reste obscure emportât ma colonie de « Messor », je fus attristé et me trouvais dans une sorte de manque de ma nature, voir l'insecte évoluer, le nourrir, le protéger, un véritable sentiment affectif était née durant ces trois années. Les essaimages par cher moi étant passé, je ne savais pas comment remédier à ce manque, et puis je m'étais attaché à cette espèce, je savais que je ne la retrouverais pas vers cher moi. Je me suis encore une fois, sachant pertinemment que c'était mal, rabattu sur le commerce en ligne. Ma petite voix me disputait, me reprochait ma conduite, mais je ne l'écoutais pas et effectuais la commande d'une nouvelle Reine « Messor ». Après tout quand on perd un animal ne cherche-t-on pas à le remplacer bien vite pour pallier au manque affectif ?


Les choses se sont bien passées pendant plusieurs années, la taille de la colonie à augmenter et j'ai constaté que cette espèce fait de grandes salles pour y entasser les graines et pour y vivre, je me suis dit qu'elle avait besoin d'un nid plus grand, mieux adapté à leur style de vie. Je les ai donc invité à déménager dans un nouveau logis, un grand bac en plastique rempli de terre bien tassé. Je ne pouvais plus les voir évoluer dans le nid mais j'ai eu le plaisir de savoir qu'elles allaient pouvoir creuser comme dans la nature, elle retrouvait un semblant de leur vie, mais elles n'étaient toujours pas dans la nature. Deux autres colonies sont venues agrandir ma collection, des « Myrmica Rubra » trouvé dans une canette et une « Lasius sp. » récolté par hasard dans une pizzeria.
Il y a quatre ans pendant l'été, je me suis trouvé hospitalisé pendant plus d'un mois sans avoir le temps de pallier aux besoins des fourmis ; les colonies sont restées seules sans personne ne pouvant s'en occuper, deux sont mortes par manque d'eau et de nourriture, les seuls à s'en être sortie sont les « Messor » car elles avaient de la réserve en graine et y ont trouvé l'humidité qui a fait défaut aux deux autres. Cela m'a décidé à ne plus avoir d'autres espèces en captivité.


Quelques années sont encore passées, des Princesses sont nées, ma petite voix m'a demandé si c'était juste de les garder enfermer, elles qui ne demandaient qu'à essaimer. Par le fait qu'elle ponde des génitrices la Reine fait connaître son potentiel, c'est sa nature qui prend le dessus elle a besoin de se répandre. Comment lui en donner l'occasion quand on la fait vivre entre quatre murs. Mon affecte m'a joué un tour, moi qui ai maintenu cette Reine en captivité pendant huit ans, me voilà désirant la délivrer et lui donner ce qu'elle espère pour ses petites, la liberté. Chaque fois que je passe devant la colonie, plusieurs fois par jour, ma petite voix m'y fait penser.


Comment faire...


Je n'y tiens plus, mais je retarde le moment, la voix se fait pressante, il faut agir !
Une solution voit le jour, les remettre en liberté dans la nature, mon jardin s'y prête, mais il y a un problème, de quoi elles vont vivre étant moissonneuses au milieu d'herbe tondue sans l'espoir de trouver une graine. Je pourrais les nourrir et faire comme dans ma chambre, leur apporter des provisions, mais si je dois partir, changer de maison, qui s'en occupera ?
Il y a aussi ceci, ce n'est pas leur sol d'origine elle n'appartienne pas à cette région, que va devenir la nature si je relâche cette espèce dans un milieu autre que celui qui est le sien. Évidemment elle ne pourra pas se reproduire, mais imaginons qu'un autre imprudent vient à faire la même chose dans quelque temps, ou l'est fait juste avant ; il y a décidément un risque et la loi est formelle il est interdit de relâcher une espèce qui n'appartienne pas à la région.


Comment faire...


Les gardées prisonnières, je n'en ai plus le cœur et ne m'en sent pas le droit non plus, leur nature est en souffrance, elle demande de sortir pour s'envoler, elles le montrent et moi je les retiens captives, je souffre aussi, mais qui doit prendre soin d'elles en arrêtant leurs souffrances sinon celui qui les a privées de leurs libertés. Une image me revient, quand on tient à quelqu'un et qu'on ne veut plus le voir souffrir quelle idée nous vient si ce n'est pas de le laisser partir, et que cesse sa souffrance.
J'ai eu le cœur de le faire pour d'autres de mes compagnons ,qui se sont trouvé dans la maladie, peut être que cela ma aider cette fois si. C'est un geste auquel il est dur de se résigner, mais c'est un geste d'amour, une petite mort intime, mais il faut renoncer à soi pour ne penser qu'à l'autre et le laissé partir, c'est un choix que l'on a, un choix définitif. La petite voix qui me disait de les libérer c'était ma conscience, en l'écoutant j'ai moi aussi retrouvé la paix, je ne suis plus prisonnier de ma culpabilité.


Je n'ai pas pu faire autrement que de les euthanasier, mais ceux qui ont des espèces locales peuvent sans problème les relâcher. Il suffit d'un jardin, un parc, une forêt, un coin de verdure dans la nature, et les petites vont très vite se trouver un logis, l'appel du large les prend et elles comprennent quelles ont leurs chance. N'hésitez pas à le faire, la nature vous en remerciera et quel bonheur quand vous repasserez par là de penser que vous avez eu le cœur à leur rendant la liberté.


Rendre justice a la nature.
La nature prisonnière dans un cadre, comme une pomme peint sur un tableau, n'est rien d'autre qu'une nature morte.


Vous vous apprêtez à aller chercher une Gyne dans la nature, ou bien vous l'avez déjà trouvée, réfléchissez avant ou remettez l'en liberté. Il y a un si petit nombre de Gyne qui arrive à fonder une colonie viable, qu'en prélever une c'est peut-être lui retirer une chance déjà si rare. Peut on le s’autoriser à le faire ?


Une Gyne qui a été prélevée dans la nature ne sert à rien d'autre que combler un désir de curiosité. L'utilité de la Reine, de par la reproduction, c'est de transmettre son patrimoine génétique et de laisser s'envoler la vie par l'essaimage, nous lui enlevons sa noble cause en l'enfermant entre quatre murs. Certaines colonies fondent des nids de plusieurs mètres cubes et nous les enfermons dans quelque centimètre. Pensez-vous que nous soyons autre chose que des geôliers, en les maintenant en captivité ? Pourquoi emprisonner la vie dans un nid artificiel, quel crime a-t-elle commis pour mériter la perpétuer. L'homme ne doit pas être emprisonneur de la nature, mais libérateur. Commençons à la protéger en la laissant libre de prospérer.


Nous maintenons ces créatures dans l'inutilité, elles ne peuvent ni creuser, ni gambader, elle ne fond qu'une chose, servir de nourrice. La plupart d'entre elles s'ennuie à ne rien avoir à faire, plus elles sont nombreuses plus l'ennuient augmente. Dans la nature les fourmis ont un rôle à tenir, elle œuvre pour la vie, elle décompose et nettoie en se nourrissant, régule la population d'insecte, ou bien dissémine les semences des plantes, elles servent aussi de nourriture à d'autres espèces, elles ont une raison d'être. Quel rôle ont elles dans un nid préfabriqué, à part celui de nous divertir, que devient cette raison d'être, en quoi elles servent la vie ?


Nous nous trouvons des excuses, on ce dis que l'on s'en occupe bien, qu'elles sont en sécurité loin des risques qu'elles encourent dans la nature, quand le nid devient trop sale ou trop petit on fait un grand déménagement et leurs procurons un plus beau espace. Que nous aimons cette espèce animal et voudrions mieux la connaître, et pour certain que nous sommes passionnés par ces insectes et aimerions en faire un métier.
Beaucoup en commençant leur maintien ont la bonne intention de faire des recherches, se disent qu'ils pourraient faire avancer la science en partageant leurs expériences.
Combien vont jusqu'au bout et fond un rapport détaillé de leurs découvertes, ou s'aperçoivent qu'ils n'ont rien appris de nouveau, qu'il ne fond que confirmer ce qui est expliqué sur les sites traitant du sujet, qu'ils ont simplement laissé libre cours à leur curiosité ?
Pour d'autres ce n'est qu'une expérience une tentative de maintien, qu'ils avorteront s'ils n'y trouvent pas assez de plaisir. Est-ce que c'est aimé que de maintenir en captivité ?
À ton droit de se substituer à la nature en se faisant agent de leurs destinés ?
Ne soumettons pas ses créatures à notre propre volonté, laissons agir la nature et aidons-la de notre mieux, par exemple en militant pour ses droits et en la défendant activement.


C'est tout à fait honorable d'aimer la nature, si intéresser, apprendre et comprendre quel en sont les secrets, sa complexité est un ravissement pour l'esprit, on ne peut qu'en avoir de beau souvenir.
Mettez à contribution votre intelligence et non pas votre volonté de posséder. Enrichissez-vous de ses largesses, sans en enlever aucune richesse. Soyons ravis d'apprendre de nombreuses recherches entreprises par les scientifiques et laissons leurs le soin d'apporter de savantes conclusions, contentons-nous de faire notre leur savoir. Lisons et regardons leurs comptes rendus pour nous instruire et enrichir notre culture, car en comprenant la nature on peut plus facilement la protéger, en profitant de ces recherche elle en profite aussi. Mieux vaux une colonie entre des mains expertes qui ferons comprendre bien des choses sur cette espèce, que des milliers répandu dans des chambres ou des salons, qui n'apporte que du loisir à de braves gents plus ou moins passionné.


Désolé si je suis un peu dure, mais en capturant une Reine nous commentons un vol envers la nature, car elle ne nous l'a pas donné comme elle donne une nourriture, on lui prend sont bien, alors qu'il n'est pas nécessaire à notre survie, mais on crée un besoin, par désir de posséder pour contenter un loisir. On lui arrache ce qui est à elle et on le fait sien, soit-disant par amour de ces créatures. Aimer au point de garder prisonnier, même dans les meilleures conditions, ce n'est rien d'autre que de l'égoïsme, c'est alors pensé qu'à son propre plaisir, c'est même orgueilleux, car l'on se prend pour la mère nature en espérant pouvoir la remplacer et pourquoi pas, faire mieux. Si on ne le pense pas n'est-ce pas pire, car à ce moment-là on sait qu'ont les maintiens dans la médiocrité, qu'elles méritent mieux, mais voilà on se donne meilleur conscience en se disant que l'on fait ce que l'on peut avec ce que l'on a...


L'être humain ne doit pas se croire tout permis, par son intelligence il se pense au-dessus de la nature alors que, par humilité, il se doit de la servir, car d'elle il a tout appris et continuera d'apprendre jusqu'à la fin de sa vie. Mère nature, elle, n'est pas égoïste, elle laisse libres ses enfants et leur procure tout en abondance, nourriture, jour et nuit, variation de températures, la sécurité et la profondeur d'un nid obscure.


Ne vous rendez pas coupable d'un crime d'inconscience, ne soyez pas juge et procureur, soyez avocat, libérateur. Plaidez en faveur de la nature, faite comme moi repentez-vous, ou plus simplement n'ayez pas à le faire, en ne commettant pas l'injustice.


Mais peut-être pensez-vous qu'elles ne soient comme des objets, qu'elles n'ont aucun droit à la justice ?


Je sais que je vais me faire huer, car je touche à l'intimité d'un monde de passionner, mais que faut-il faire, fermé les yeux sur cette affaire, ou parler tout haut, ne pas se taire, prendre des coups même la plus dure, faire face au monde, pour la nature !


Merci de m'avoir lu jusqu'au bout.


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MessagePosté le: Mar 24 Juil - 19:20 (2018)    Sujet du message: Publicité

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